Chapelle de la Visitation

La Chapelle de la Visitation fut construite au 17ème siècle vers 1675 à l’initiative de Charlotte de Gramont, épouse du prince Louis 1er. 

C’était la chapelle du couvent des Visitandines, fondé par la Princesse et destinée à l’éducation des jeunes filles de la communauté monégasque et des environs. Elle a conservé l’essentiel du style baroque qui avait inspiré son architecte Marc-Antoine Grigho, Tessinois très apprécié à Gênes. Combinant plan centré et longitudinal, l’architecte a su donner un rythme dynamique aux volumes et une atmosphère lumineuse à l’ensemble. La nef, sous une voûte en berceau est rythmée par une succession d’arcs supportés par des pilastres, ainsi que par les deux chapelles latérales. L’ordre ionique prédomine dans la chapelle, les chapiteaux sont décorés par des guirlandes de fruits et de fleurs selon une version typique du maniérisme baroque gênois. Dans le choeur, le mur d’abside est occupé par un retable grandiose d’inspiration berninienne.

Ce cadre a été choisi pour accueillir les oeuvres de la collection Barbara Piasecka Johnson, composée de tableaux du XVIIème siècle et de style baroque : ces tableaux reflètent la personnalité de chacun des peintres qui varie suivant ses origines, son inspiration ou ses convictions.

Les 13 apôtres dont l’auteur et le lieu auquel ces oeuvres étaient destinées ne sont pas connus. On suppose qu’elles avaient été commandées pour un couvent ou une autre institution monastique, probablement une école consacrée aux apôtres en Espagne.

Ces peintures, réalisées en grisaille à l’huile sur papier marouflé sur toile, montrent chacun des apôtres représenté avec l’instrument de son martyre ou de son oeuvre.

Egalement espagnol, Le Martyre de Saint Sébastien, oeuvre de Francisco de Zurbaran (1598-1664 Maître de la peinture espagnole du 17ème siècle) qui représente le saint à l’agonie, son martyre est rendu avec un réalisme vigoureux en même temps qu’un traitement très artistique.

Plus réaliste encore, L’Annonce aux Bergers oeuvre datée des années 1640, dont l’auteur, connu sous le nom du Maître de l’Annonce aux Bergers peignit trois autres versions de ce sujet qui se trouvent à Birmingham, Munich et Naples.

Le Martyre de Saint Barthélémy est une toile datée de 1638-1640 et représente le martyre du saint. Son auteur, l’espagnol Jusepe de Ribera s’installa à Naples et devint familier de l’oeuvre du Caravage dont il adopta la manière de mettre en valeur les espaces et les reliefs grâce à un puissant clair obscur.

S’opposant résolument à cette tendance au réalisme plébéien, les tableaux de Saint Pierre et Saint Paul, exécutés par Rubens (1577-1640) vers 1615 pour l’église des Capucins à Anvers.

On retrouve Rubens dans la tapisserie L’Eucharistie triomphe des sacrifices païens tissée vers la fin du XVIIème siècle par Jan Frans Van Den Hecke (Tisserand à Bruxelles entre 1662 et 1700) d’après un carton de Rubens.

Une interprétation différente mais toujours influencée par le XVIème, Sainte Barbe peinture de Bononi (1569-1632) auteur influencé par Louis Carrache et qui se différencie par la mobilité instable de ses figures, la fluidité des mouvements et du clair obscur et la qualité mélodramatique dans ses oeuvres.

Et enfin, La Madone à l’Enfant tableau de Simone Cantarini (1612-1648) dont l’éclat et le raffinement des coloris et la force pathétique de la peinture en font l’un des meilleurs artistes italiens de son temps.